L’Equipier, de Félix Aubry de La Noe

Figure connue de la voile sportive à l’époque des premières grandes courses au large, équipier des meilleurs skippers (Tabarly, Colas, Gilskman…), barreur de France II dans la Coupe de l’America, Félix Aubry de la Noë nous livre ses souvenirs.

Le livre s’ouvre sur un aveu et un renoncement : équipier à bord du fameux Kriter III, lancé dans la course autour du monde par équipes et malmené par les terrifiantes mers australes, les quarantièmes rugissants, Felix Aubry de la Noé apprend la noyade de son ami, équipier sur un voilier concurrent à quelques milles de distance.

 Assommé par la nouvelle, Félix avoue sa peur et renonce, dès la prochaine escale, à la haute compétition. Si la mort est dans le sillage, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Et l’équipier devint journaliste, pour ne pas rompre toutes les attaches avec ce monde passionnant.

Mais la mission d’un journaliste c’est de dire la vérité, toute la vérité. Et l’ex-équipier n’hésite pas à “ balancer” en égrenant ses souvenirs d’équipier, puis d’homme de confiance d’Alain Colas.

La face cachée de la course au large

Par cent anecdotes, aussi savoureuses que dérangeantes, les souvenirs d’Aubry de la Noé éclairent l’envers du décor. Saviez vous que sur Pen Duick VI, on embarquait de belles équipières étaient choisies pour leur plastique plus que pour leur talent à la manœuvre?

 Qu’à l’insu de Tabarly, Pen Duick a transporté de la drogue le long des côtes américaines ?

Qu’Alain Colas, hospitalisé, a du se débattre dans les filets de chantiers navals qui, pour être nationaux, n’en étaient pas moins filous…

Ce livre peut faire scandale… 

A-t-on le droit d’égratigner les idoles,  de toucher aux mythes, de parler de la mesquinerie et des erreurs de navigation de Tabarly, de l’égotisme d’Alain Colas, de l’entêtement du baron Bich, qui conduisit au naufrage le défi français dans la Coupe de l’America ?

Mais le témoin est de poids, le témoignage irrécusable. Félix Aubry de la Noé est connu dans le milieu de la voile comme une grande pointure.

Et s’il égratigne (un peu) les idoles, il rend aussi  un chaleureux hommage aux équipiers, à tous les hommes de mer d’une génération généreuse qui a vu naître la course au large moderne.

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